Compte rendu de la séance du 15 juin 2005
au Sénat

Projet de loi relatif aux assistants maternels et aux assistants familiaux

 

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Avertissement : Les informations contenues dans cette page sont une retranscription des textes officiels, auxquels elles ne peuvent se substituer.

 

Discussion générale

M. LARDEUX, rapporteur pour le Sénat de la commission mixte paritaire

La commission mixte paritaire est parvenue à un accord sur le projet de loi relatif aux assistants maternels et aux assistants familiaux. Nous arrivons aujourd'hui, après une navette parlementaire débutée au Sénat en mai 2004, au terme d'un processus législatif exemplaire.

Je me félicite de constater que notre Assemblée a contribué à rendre ce travail fructueux, tant par l'importance des amendements qui ont été adoptés que par la qualité de nos débats. Je souhaite particulièrement rendre hommage au président Fourcade, rapporteur de notre commission en première lecture. Le bilan positif que nous faisons aujourd'hui de cette année de travail lui doit beaucoup. J'observe aussi avec satisfaction que l'intervention du ministre devant le Sénat en deuxième lecture a levé les ambiguïtés de certaines dispositions de la nouvelle convention nationale des assistants maternels. Le travail de la commission mixte paritaire s'est trouvé simplifié par le fait que la seconde lecture avait déjà permis de rapprocher les points de vue des deux Assemblées : moins d'une dizaine de points restaient à clarifier.

Dans le premier volet du projet, consacré aux conditions d'exercice de la profession, quelques choix devaient être opérés car plusieurs amendements adoptés à l'Assemblée nationale entraient en contradiction avec les positions du Sénat. Il s'agissait : de la suppression de l'ouverture des « relais assistants maternels » aux assistants parentaux ; de la participation bénévole d'un ancien assistant maternel ou familial à la procédure d'agrément et au suivi des pratiques professionnelles ; des modalités d'encadrement de l'utilisation du bulletin n° 3 du casier judiciaire par le service de P.M.I. ; de la possibilité, pour les assistants maternels vivant dans une zone urbaine sensible, de disposer d'un local hors de leur domicile pour garder des enfants.

D'une manière parfaitement équilibrée, la commission mixte paritaire s'est rendue aux arguments de l'Assemblée nationale s'agissant des deux premiers points, mais a suivi le Sénat sur les deux derniers. Elle a ainsi mieux encadré l'utilisation du bulletin n° 3 du casier judiciaire lors de la procédure d'agrément et a supprimé la dérogation d'exercice de la profession hors du domicile que l'Assemblée nationale avait accordée aux assistants maternels résidant en zone urbaine sensible : Cette disposition posait en effet deux questions : celle du maintien des déductions fiscales accordées aux assistants maternels alors même que, dans ce cas, ils n'auraient pas utilisé leur domicile comme lieu de travail, et l'engagement de la responsabilité des maires en cas d'incident dans le local agréé qui aurait été destiné à l'accueil des enfants. Le compromis trouvé sur cette première partie paraît satisfaisant, d'autant que les avancées initialement proposées par le Sénat n'avaient pas été remises en cause par l'Assemblée nationale : je pense notamment à la reconnaissance officielle des R.A.M. (relais assistants maternels) et à l'intégration des assistants maternels et familiaux dans les publics prioritaires pour l'accès à un logement locatif social.

Sur le volet droit du travail, nous sommes aisément parvenus à une rédaction commune sur les trois points mineurs demeurant en discussion, reprenant d'ailleurs les positions défendues par le Sénat, qu'il s'agisse de la définition d'une norme nationale pour les indemnités et fournitures à remettre à l'assistant maternel, du régime juridique applicable en cas d'absence de l'enfant ou du mécanisme de report de congés créé au bénéfice des assistants familiaux.

Ces trois points s'ajoutent aux amendements d'origine sénatoriale adoptés en deuxième lecture qui n'ont pas été remis en cause. Notre Assemblée aura donc amélioré le texte : en créant une procédure d'annualisation du temps de travail des assistants maternels sur la base d'un plafond maximum de 2250 heures ; en assurant la coordination de la loi avec les dispositions de la convention collective en matière de versement des indemnités et fournitures d'entretien de congé des assistants maternels ; et en instituant un mécanisme de report de congé assimilable à un compte épargne temps au bénéfice des assistants familiaux.

La commission des Affaires sociales se félicite des avancées majeures permises par ce texte particulièrement attendu par les professionnels comme par les familles. Je me réjouis de constater qu'après les lois de 1977 et 1992, cette réforme fera date. L'Assemblée nationale et le Sénat se sont finalement rejoints sur un point d'équilibre satisfaisant entre l'intérêt de l'enfant, les besoins des familles et la nécessaire amélioration des conditions de travail des assistants maternels et familiaux. C'est pourquoi, votre commission vous invite à adopter ce projet de loi tel qu'il résulte des travaux de la commission mixte paritaire.

(Applaudissements à droite et au centre.)

 

M. BAS, ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille

(Applaudissements à droite.)

Je suis heureux de vous présenter, en vue de son adoption définitive, ce projet de loi relatif aux assistants maternels et aux assistants familiaux. Je remercie le Sénat – et tout particulièrement MM. About, Lardeux et Fourcade – d'avoir enrichi le texte.

Très attendu par les professionnels et les familles, il est l'aboutissement d'un long travail de concertation entre les organisations syndicales et professionnelles, les employeurs, l'Association des départements de France, l'Association des maires de France et la Caisse nationale d'allocations familiales.

J'ai souhaité que cette dernière lecture soit faite dès la reprise des travaux parlementaires et je veillerai à ce que les décrets soient pris – dans la concertation – avec diligence.

Ce texte reflète la volonté du gouvernement d'agir en faveur de la petite enfance, en faveur d'une politique familiale active qui assure – en ce qui concerne les modalités de garde du jeune enfant – une égalité complète entre toutes les familles, quel que soit le niveau de leurs revenus. C'est pourquoi le Premier ministre a annoncé la création de 15 000 places de crèche qui s'ajouteront au programme précédent.

Il fallait reconnaître le rôle des assistants maternels et des assistants familiaux, deux métiers qui offrent une solution de proximité humaine et adaptée aux besoins des familles. Après les lois de 1977 et de 1992, cette reconnaissance, – avec la redéfinition des modalités d'agrément et des exigences de formation – marque une nouvelle étape.

Le statut des assistants maternels et familiaux est amélioré, en matière de salaire, de temps de travail, de congé, de garantie en cas de licenciement.

L'agrément des assistants maternels fournit aux parents une garantie de sérieux et de sécurité : les candidats seront agréés au vu de leurs compétences éducatives ; la connaissance de la langue française sera impérative. Leur formation, plus longue, débouchera sur un certificat d'aptitude professionnelle « petite enfance ». Ils seront formés aux gestes de premiers secours. En matière de contrat, salaire, temps de travail et congé, leur statut se trouve bonifié.

Les assistants familiaux, pilier du système d'aide sociale à l'enfance, épaulent les familles qui traversent des moments difficiles. Leur formation, qui comporte un stage, aboutit elle aussi à un diplôme. Leur statut est amélioré, notamment avec une nouvelle structure de rémunération : leur revenu dépendra moins du nombre d'enfants accueillis.

Le gouvernement a voulu apporter une réponse concrète et équilibrée aux attentes des professionnels et des parents. En améliorant le statut de ces assistants maternels ou familiaux, nous permettons à nos concitoyens de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle.

Dès lors que les couples peuvent réaliser leur projet de vie, la société y gagne en dynamisme – chacun pouvant regarder l'avenir avec confiance.

(Applaudissements à droite et au centre.)

 

Mme DINI

Attendue par les assistants maternels et les familles, cette réforme s'inscrit dans deux logiques : l'amélioration de l'offre d'accueil en crèche, et l'instauration d'un crédit d'impôt pour la garde des jeunes enfants.

Réformé au début des années 90, le statut des assistants maternels date néanmoins de 1977 et ne répond plus aux nécessités actuelles. Si la loi du 12 juillet 1992 a rendu la formation initiale obligatoire, simplifié la procédure d'agrément et institué une mensualisation des rémunérations, ce statut reste bien en deçà des attentes et des évolutions nécessaires à la pérennisation de cette profession.

Face à l'insuffisance de l'offre de garde pour la petite enfance, il était urgent de réformer, renforcer et valoriser le mode de garde choisi par 55 % des familles. Avec la mise en place de la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE), l'offre de garde par un assistant maternel risque de devenir rapidement insuffisante dans les grandes agglomérations.

En professionnalisant davantage les assistants maternels et en rapprochant leur statut juridique du droit commun du Code du travail, ce texte devrait permettre de susciter de nouvelles vocations.

S'il s'avérait urgent de réformer le statut des assistants maternels, il ne fallait pas déséquilibrer le rapport contractuel avec les parents employeurs.

Aussi était-il nécessaire de rendre obligatoire l'établissement d'un contrat de travail écrit et d'en redéfinir les modalités de rupture. Il fallait donc éviter des mesures trop contraignantes qui auraient rendu ce mode de garde insupportable pour les familles et entraîné une hausse de la garde au noir.

Ce projet de loi répond à de nombreuses questions : comment faire pour que les professionnels soient mieux formés et que les familles puissent confier leur enfant, en étant pleinement rassurées sur les conditions de la garde, sans pour autant grever trop lourdement leur budget ? Comment trouver le parfait équilibre entre la protection de l'enfant et de la famille d'une part, et la sécurité professionnelle de l'assistant d'autre part ?

Il aborde les questions difficiles de la clarification et de la délimitation des statuts des assistants maternels permanents, désormais appelés assistants familiaux et des assistants maternels qui accueillent des enfants chez eux pour la journée.

Il traite également de la rénovation du statut juridique des assistants maternels, et amorce une amélioration de la qualité de l'accueil des enfants.

Nous avons réussi à élaborer un texte équilibré et consensuel.

Équilibré, car il prend en compte les spécificités départementales dans l'attribution des agréments. Je remercie M. About de sa proposition de synthèse devant la commission mixte paritaire.

Équilibré, car il place l'enfant, sa sécurité, sa santé, ses besoins, au cœur des systèmes d'agrément, et ne fait désormais plus supporter aux familles les coûts éventuels des retraits d'agrément, effectués et décidés par les conseils généraux.

 

M. ABOUT, président de la commission des Affaires sociales

Tout à fait…

 

Mme DINI

Il apporte la reconnaissance nécessaire à tous les assistants maternels et familiaux, en refusant la précarisation de ceux travaillant dans des quartiers sensibles, et en renforçant l'effort d'harmonisation réalisé par l'ensemble de ce projet de loi.

Équilibré, enfin, car le mécanisme d'annualisation du temps de travail devrait offrir plus de souplesse et moins de contraintes quant à l'organisation des temps de garde. Instaurer, non pas une durée de travail hebdomadaire maximale, mais un plafond annuel, répond à une flexibilité demandée à cette profession.

Le groupe UC-UDF est en accord avec ce texte. Il permet une meilleure prise en compte des enfants, tout en préservant le haut niveau d'exigence attendu par les familles. C'est pourquoi les sénatrices et sénateurs du groupe UC-UDF voteront ce texte.

(Applaudissements au centre.)

 

 

M. FISCHER

La reconnaissance des deux métiers d'assistants maternels et assistants familiaux est une mesure essentielle pour améliorer l'accueil de la petite enfance, mais elle n'est pas suffisante. Cette ambition a des conséquences économiques et sociales importantes sur lesquelles cette loi reste muette.

Cette absence n'est pourtant pas due à un manque de temps : le parcours législatif de cette loi aura été bien long, alors même qu'il y avait urgence à donner un véritable statut aux 300 000 assistants maternels et aux 45 000 assistants familiaux, qui vivent depuis trop longtemps dans un flou juridique à l'écart du droit commun du travail, et contraignant la plupart d'entre eux à une précarité inadmissible. Il était donc plus que primordial d'accorder la reconnaissance et la considération auxquelles ces professions ont droit, le débat parlementaire aura permis quelques avancées positives.

Néanmoins, les positions que nous avons défendues dans le sens d'une plus grande reconnaissance et protection et qui avaient trouvé un écho à l'Assemblée nationale, ont été supprimées par le Sénat. Ainsi, sur l'uniformisation des salaires, la formation professionnelle reconnue sur tout le territoire, ou bien encore l'obtention de l'agrément à partir d'une grille nationale, ces dispositions favorables ont été sinon abandonnées, du moins pas assez précisées à notre goût.

Cette régression est encore plus sensible pour les dispositions relatives au droit du travail. Sous prétexte d'harmoniser ce projet de loi avec la convention collective nationale signée entre les assistants maternels et les particuliers employeurs, le Sénat a modifié, entre autres, les mesures concernant la rémunération de l'assistant familial en cas d'absence de l'enfant gardé, les congés d'assistants maternels ou bien encore la définition des indemnités et des fournitures à verser aux assistants maternels.

Toutefois, sans qu'il soit question de dégâts provoqués par l'aller retour de cette loi entre les deux Chambres, les raisons de notre abstention demeurent.

Ce texte ne permet pas une reconnaissance pleine et entière des métiers d'assistants maternels et d'assistants familiaux. En renvoyant sans cesse au domaine réglementaire, cette loi risque de les décevoir. En effet, quel est le contenu réel des formations et du taux de rémunération ? La qualification aura-t-elle une valeur nationale ? Nous n'avons pu en discuter et l'incertitude règne toujours.

Certes, le Sénat a adopté un amendement prévoyant la consultation des principales associations d'élus sur les projets de décrets d'application. Cette garantie n'est pourtant que partielle car rien ne vous obligera à suivre des avis et les différents acteurs du secteur de la petite enfance auraient préféré que la loi soit dès aujourd'hui plus précise.

Ce texte ne permet de répondre ni à la question des salaires de l'ensemble des accueillants à titre permanent ou non, ni à la question de la réduction des inégalités de rémunération suivant les départements. Le rapport d'avril 2002 avait pourtant mis en évidence les différences considérables entre les départements. Ainsi, la dispersion des salaires peut aller du simple au double par le biais de l'indemnité d'entretien, avec une moyenne nationale autour de 105 à 110 fois le SMIC horaire par mois. On ne peut que constater le manque cruel de dispositions relatives à la revalorisation salariale de ces professions.

Ce texte ne contient rien sur les droits syndicaux, les droits sociaux, les retraites, et notamment la validation des périodes travaillées avant 1992. De réelles mesures sociales en réponse à ces questions auraient pourtant contribué à une véritable reconnaissance de ces métiers.

Le problème du financement des réformes reste entier, puisque de nombreuses mesures de ce projet de loi auront des incidences financières sur les parents employeurs et sur les conseils généraux sans que ceux-ci soient à même de les quantifier, ne disposant toujours pas d'étude d'impact ou de chiffrage du coût de leur application. Or les compensations prévues par l'État, si elles existent, sont totalement virtuelles.

Ce texte, censé permettre le franchissement d'étapes décisives pour les assistants maternels et familiaux, reste muet sur la protection sociale, la durée du temps de travail, le salaire, la formation, les salaires, ou encore la retraite de ces salariés. Nous ne pouvons admettre le renvoi quasi systématique à des mesures réglementaires, s'agissant de dispositions ayant des incidences financières sur les départements ou les employeurs privés.

Aussi entre les dispositions que nous apprécions positivement et celles dont la présence ou l'absence sont difficilement acceptables, le bilan est-il négatif ?

 

M. ABOUT, président de la commission

« Globalement positif ».

(Sourires.)

 

M. FISCHER

Globalement négatif ! Les deux professions visées par cette loi attendaient un véritable statut, signe de la reconnaissance et du respect auquel ils ont droit. Ils doivent se contenter d'une loi qui fait de leur métier une profession aux contours mal définis et qui n'apporte pas de réponses satisfaisantes à leurs problèmes sociaux.

Nous n'avons donc pas d'autre choix que de nous abstenir.

 

Mme PRINTZ

La navette sur ce texte très attendu a duré une année, avec tous les inconvénients que cela suppose. Nombreux sont les assistants maternels et familiaux, qui m'en ont demandé des nouvelles.

De plus, la convention collective nationale des assistants maternels du particulier employeur est entrée en vigueur entre temps. Les choses se sont faites dans le désordre ! Mais comment pouvait-il en être autrement, avec un tel manque d'empressement de la part du gouvernement ?

Le texte final, malgré certaines avancées, ne fait toujours pas apparaître une volonté déterminée pour que les professions d'assistant maternel et d'assistant familial soient reconnues à part entière, avec des conditions identiques dans tous les pays.

Des amendements déposés par mon groupe en première lecture, qui n'avaient pas été adoptés par le Sénat mais l'avaient été par l'Assemblée nationale, repoussés ensuite par le Sénat et à nouveau, adoptés par l'Assemblée, ont hélas été rejetés par le Sénat. Ils traduisaient, pourtant des demandes formulées par les assistants maternels et assistants familiaux !

Il s'agit bien sûr de la définition de critères nationaux d'agrément, condition de l'égalité de traitement sur tout le territoire national. Des critères nationaux auraient aussi garanti l'objectivité totale de l'agrément. Vous prétendez donner un véritable statut et une reconnaissance à la profession, mais le texte accroît finalement le risque de dérives !

La CMP a adopté un amendement tendant à supprimer le dernier alinéa de l'article L. 421-3 du Code de l'action sociale et de la famille qui autorise les femmes à exercer la profession d'assistant maternel hors de leur domicile lorsqu'elles vivent dans des quartiers peu attractifs. Nous sommes favorables à cette suppression car elle était de l'intérêt de tous.

Enfin, la CMP a adopté l'article 36 visant à la consultation des principales associations d'élus, pour avis, sur les projets de décrets d'application de la présente loi. C'est la rédaction de l'Assemblée nationale qui a été retenue. Elle ne nous déplaît pas, car elle ne réduit pas la portée de notre amendement adopté le 31 mars dernier.

Nous avons souligné à maintes reprises que ce projet de loi renvoyait trop souvent à des décrets. Quel en sera le contenu ? Ils engagent les finances locales ! Les associations d'élus, comme l'assemblée des départements de France et l'Association des maires de France devraient pouvoir apporter leur concours.

Quelques dispositions intéressantes ne suffisent pas à nous faire changer d'avis sur l'ensemble de ce texte. C'est pourquoi nous nous abstiendrons.

 

La discussion générale est close.

 

 

M. le Président

Je rappelle qu'en application de l'article 42 de notre Règlement, le Sénat se prononce par un seul vote sur l'ensemble du texte élaboré par la commission mixte paritaire, en ne retenant que les amendements ayant reçu l'accord du gouvernement.

Je n'appellerai que les articles sur lesquels des amendements ou des demandes de parole ont été déposés.

 

Explications de vote

M. GOURNAC

Les assistants maternels assurent le premier mode de garde de la petite enfance, avant les crèches et la garde à domicile. Ainsi, 740 000 enfants de moins de six ans sont accueillis par 300 000 assistants à titre non permanent ; et 42 000 assistants à titre permanent accueillent 65 000 enfants dans le cadre de la protection de l'enfance. Ces professionnels attendaient de longue date une revalorisation de leur statut. C'est enfin chose faite.

Le texte adopté par la CMP est équilibré. Il répond à la fois aux besoins des enfants, aux attentes des familles et aux revendications légitimes de professionnels dévoués.

Nous nous félicitons que ces métiers, dont l'utilité sociale est unanimement reconnue, soient enfin considérés comme des professions à part entière.

Le premier objectif poursuivi consistait à distinguer nettement les assistants maternels des assistants familiaux, afin de consacrer la spécificité de chacune de ces professions.

Il fallait aussi répondre à la demande croissante des familles en rendant la profession des assistants maternels plus attrayante. Le rapprochement du statut juridique avec le droit commun du travail renforce la protection et améliore les conditions de travail, ce qui devrait contribuer à susciter de nouvelles vocations.

Le contrat de travail écrit est rendu obligatoire, les modalités de sa rupture sont redéfinies précisément. L'équilibre dans les rapports contractuels avec les parents employeurs est également préservé.

L'agrément des assistants maternels sera fixé en fonction de critères nationaux, c'était important pour eux – tout en respectant la liberté des présidents des conseils généraux d'introduire des règles spécifiques propres à leur département. (Marques d'approbation sur quelques bancs à droite.)

Enfin, pour les familles, l'annualisation du temps de travail, sur la base d'une durée maximale de 2 250 heures, donnera aux familles une souplesse utile.

Les partenaires sociaux ne pourront qu'être satisfaits : le texte est cohérent avec la convention collective  conclue le 1er juillet 2004, étendue par arrêté ministériel du 17 décembre 2004.

Les propositions de notre excellent rapporteur, dont je salue ici le travail, ont sensiblement enrichi le projet de loi. Je l'en félicite.

Enfin, monsieur le Ministre, qui venez ici pour la première fois, je veux vous dire la satisfaction que nous avons de pouvoir travailler avec vous sur les dossiers de la politique familiale qui nous tiennent tant à cœur.

Pour toutes ces raisons, le groupe UMP votera avec conviction ce texte, qui s'inscrit pleinement dans la politique volontariste, pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, que mène le gouvernement depuis maintenant trois ans.

(Applaudissements sur les bancs de l'UMP et de l'UC.-UDF)

 

Les conclusions de la CMP sont adoptées.

(Applaudissements sur les bancs de l'UMP)

 

 

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